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Lors de sa mise en ligne par Le
Point en décembre 2007, la vidéo qui suit a été à l'origine d'une sacrée polémique. Jean-Marie CAVADA,
dans un vigoureux démenti avait alors dû nier toute participation, de près ou de loin, à un
quelconque training d'Alain CARIGNON en 1993, quelques jours avant de le recevoir comme invité à "La Marche du siècle". Il faut dire que nombreuses sont les vedettes du
petit écran qui, ces dernières années, se sont vu reprocher un tel mélange des genres. Ainsi Pierre BOTTON, dans son livre "Mes chers amis", raconte comment, dans les années 90, de grandes signatures de la presse écrite et audiovisuelle ont donné des cours particuliers à Michel
NOIR. Quoi qu'il en soit, ce document présente l'avantage de nous donner un mode d'emploi très clair de ce qu'est le média training. Primo, apprendre à anticiper les
questions et secundo, tester ses messages. Dans le cadre de la préparation d'une émission en direct, l'exercice a donc valeur de première prise "pour de faux".
Jeudi dernier, une étudiante en 2ième année de Master C3M au CELSA, me demandait qu'elle est la différence entre une petite phrase et une formule. Cette "très bonne question", me conduit à prolonger ici ma réponse donnée en cours. Pour différencier une petite phrase d'une formule, j'avais indiqué que la première est dédiée à une situation donnée. Voir le "Responsable mais pas coupable" de Georgina Dufoix sur 7/7 à propos de l'affaire du sang contaminé. Ou encore le "La France ne peut accueillir toute la misère du monde..." de Michel Rocard. Deux cas où la petite phrase est le fruit d'un raccourci effectué par les journalistes, avant de se propager à la vitesse de la lumière dans les médias. En théorie, pourtant, une petite phrase bien pensée en amont ne se déforme pas, se retient facilement et reste attachée à son contexte. En 1986, je me souviens avoir été interrogé par une équipe du Jour du Seigneur à l'occasion de la Journée Chrétienne de la Communication. J'étais à l'époque salarié du diocèse de Montpellier. Mon contrat en alternance prévoyait une formation sur deux ans, à suivre au CFPJ. Je m'entends encore répondre devant la caméra, "j'ai été embauché comme chrétien, j'en ressortirai comme journaliste". Bien entendu, cette "petite phrase" volontaire fut retenue au montage. Au lendemain de sa diffusion le Père Christian D, mon patron, me demanda de m'expliquer sur sa signification ! Cela me permis de lui préciser quelle était ma véritable "vocation"... Une formule, à l'inverse, est plus intemporelle. Moins liée au fond, elle tient du slogan. Ce qui explique son côté passe partout. Ainsi, un représentant d'Air France qui répondrait lors d'une interview "Nous voulons faire du ciel le plus bel endroit de la terre" ne ferait que décliner une baseline bien connue dans son entreprise. Mais alors, que penser du "Il faut laisser du temps au temps" de François Mitterrand ? Et bien que c'est d'abord une formule que l'on doit à Cervantès ("Dar tiempo al tiempo"). Comme quoi, une bonne petite phrase se reconnaît à son caractère inédit et inscrit dans une actualité précise. Une bonne formule étant plus intemporelle. A moins qu'il ne s'agisse de travailler plus ses argumentaires, pour qu'ils se retiennent plus...
Un média training vous donne l'occasion de tester votre message face à une caméra ou un micro. Il vous prépare également au style de questions qui vous seront posées et au ton qu'il faudra adopter en fonction de votre public. Un média training vous apprend aussi à écouter et à structurer votre discours. Mais je ne pense pas qu'il vous apprenne à "faire l'acteur". Ce serait même à déconseiller. En revanche, rien ne vous interdit de poser votre voix et de travailler votre respiration avec l'aide d'un comédien. Les techniques théâtrales permettent de prendre conscience des richesses de l'intonation et de donner du sens à la gestuelle.
*question d'un internaute
Un médiatraining est bien souvent une répétition de dernière minute, avant une conférence de presse ou une interview radio/TV. Son objectif est d'apprendre à placer un message de façon claire et concise. Il permet également de se familiariser avec l'univers d'un studio : éclairages, micros, caméras... L'intervention d'un journaliste extérieur est souvent une bonne occasion de lister des questions auxquelles l'entreprise ne pensait peut-être pas.
Le média coaching relève plus d'un travail de fond sur le savoir être. Lorsque nous avons à coacher un animateur télé par exemple, nous n'avons pas à lui expliquer le fonctionnement d'un plateau TV. Il connaît déjà. Par contre, nous allons travailler avec lui son "naturel" à l'antenne, le placement de sa voix, sa manière de bouger, sa capacité à fidéliser les téléspectateurs. L'approche est la même avec un chef d'entreprise ou un homme politique. Un média coaching permet de trouver le "ton" juste en toutes circonstances. Face à une caméra, lors d'une prise de parole en public, en réunion... Pour cela, il est très important de bâtir un programme d'entraînement portant sur le développement de la créativité, les capacités de concentration, la gestion du stress. Tout ce qui, en fait, permet d'acquérir des réflexes durables.